À VOS CERVEAUX
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La Civilisation

La base de notre système social

Posté dans Sujets de philosophie — le 15 juillet 2015

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La civilisation est un concept souvent mal compris, et pourtant très important. Cet article résonne avec l'article sur l'idiocratie publié il y a quelques semaines. La civilisation, un rempart incontournable aux maux de société qui nous touchent aujourd'hui. Voici pourquoi.

Étymologie, structure du mot

« Civil / isation »

« Civil », ce mot vient du mot latin « Civis », mot qui veut simplement dire « Citoyen ». Le Citoyen est un membre de la Cité. La Cité, en grec est la « Polis » (comme dans le mot « Metropolis ») : le mot grec « polis » nous donne les mots « Police », « Politique », « Politicien ». Donc le Citoyen est celui qui fait partie de la Cité, qui a un état civil. Dans notre monde actuel, on appelle État « la Cité ». Et c’est face à l’État qu’on a, en tant que citoyen, un « état civil », qui indique notre nom, le nom de nos parents, de notre conjoint-e, ou si on est célibataire, décédé, etc. Nous avons abordé ce sujet de citoyenneté plus amplement dans notre article « Politique » déjà paru, pour en apprendre davantage à ce sujet.

Le suffixe dans le mot civilisation est : « -ation ». Ce suffixe nous indique souvent que ce mot renvoie non pas à une réalité fixe et stable, mais à un processus en cours d’exécution (il indique une action, donc un changement dans l’état de quelque chose), donc une transformation, une évolution certaine.

Bien entendu, la civilisation est un mot qui renvoie à un groupe social. Ce sont des groupes qui accèdent au processus de civilisation.

Ainsi, pour le comprendre rapidement et simplement :

la civilisation est un processus de transformation qui part des hommes anciens jusqu’aux hommes contemporains, et qui implique qu’il y aurait eu une progression partant d’un supposé « état de nature » simple et peu différencié, ou une société très simple, à une société de plus en plus complexifiée, réfléchie et élevée dans sa complexité, sa connaissance et son harmonie.

Mais, quelle différence entre une société et une civilisation ?

Une société est un ensemble souvent plus petit qu’une civilisation. Par exemple, on pourrait assimiler les sociétés aux États-nations actuels (la société américaine, la société française, la société allemande, la société québécoise, canadienne, écossaise etc.)

Par contre, ce qui fait que plusieurs sociétés appartiennent à la même civilisation, fondamentalement, est qu’elles proviennent du même socle civilisationnel (historiquement, de la même grande « souche »). Pour ce qui est des sociétés européennes, elles ont fait un long chemin ensemble, géographiquement puis ensuite par imitation, pour se ressembler toutes. D’autres civilisations se sont aussi développées sur la planète, à des vitesses ou dans des directions différentes. (Il n’y a pas de vision concurrente ici, l’idée étant que chaque civilisation s’est développée de manière optimale selon sa géographie, son climat et ses saisons, sa faune et sa flore).

Quelle importance de la civilisation ?

La civilisation est essentiellement la représentation mentale d’un passage de l’homme des cavernes à la société (futuriste et hypothétique) des grands sages. Petit à petit, d’une décennie à l’autre, la civilisation est ce long passage d’une société sans savoir complexe, sans écriture, sans science, à une société éventuellement quasi-parfaite, lorsqu’elle atteint un niveau de civilisation extrêmement élevé.

Ainsi, on peut comprendre que ce qui a évolué, surtout, dans le processus civilisationnel, c’est surtout les découvertes, l’approfondissement des connaissances et les synthèses qui ont pu amener du progrès social et du progrès technologique, d’une société où la différence entre « nature » et « culture » était quasi-inexistante, à une société où cette différence est très marquée.

Or, l’idée importante, c’est que l’être humain, dans sa biologie et sa constitution, en tant que lui-même, n’a pas tellement changé. Ses capacités cérébrales, individuellement, n’ont pas grandi de façon significative depuis les derniers millénaires. Or, la quantité de savoir qu’il a à posséder pour rester en phase avec la progression du savoir universel est devenue gigantesque.

Non seulement cela, mais comme on l’a vu dans l’article sur l’« Idiocratie », l’individu moyen à notre époque aurait plutôt tendance à « régresser » en ce qui a trait à l’assimilation du savoir universel. Qu’est-ce que ça veut dire ? Réponse :

Que l’être humain, allant de légèreté en stupidité, et de négligence, pourrait perdre le socle civilisationnel duquel il est issu. Hélas, la civilisation n’est pas innée chez l’individu, mais elle est acquise, transmise par la société. Mais cette transmission peut être interrompue. La civilisation est une grande éducation qui nous provient du fond des âges et qui nous forme sur le plan des actions à poser et ne pas poser, sur notre façon de penser et d’interagir, et les questions que nous nous posons en tant qu’individu et en tant que société. Encore plus important cependant, ce socle civilisationnel est le fondement de ce qui rend nos interactions harmonieuses dans la vie quotidienne, et nous permet de ne pas nous entre-tuer pour un oui ou pour un non dans l’espace public.

La perte de la civilisation a déjà un nom à notre époque, c’est l’ensauvagement. Car si la civilisation est le fait de passer d’un état « barbare » à un état « civilisé », le contraire, à force d’éducation négligée d’une société qui n’éduque plus vraiment, c’est le retour à la barbarie : « l’ensauvagement ».

La civilisation et l’ensauvagement

L’ensauvagement est étymologiquement le processus inverse, une inversion de « civilisation ». Le « retour » (en supposant qu’il ait déjà existé dans un passé lointain) à un état non-courtois (contraire à courtois), un état égoïste (contraire à empathique, altruiste, qui se soucie des autres et de leur fragilité), un état violent (contraire à un état mesuré et en contrôle), un état qui recherche le ludisme pur et le plaisir (contraire à un état qui souhaite construire une harmonie sociale autour de soi, en pleine conscience de la réalité de notre condition).

Conclusion

Plusieurs grands socles civilisationnels existent et ont existé sur la Terre. Le socle européen se meurt. Nous pourrions dire qu’il était hérité des valeurs chrétiennes, sécularisées éventuellement, qui donnèrent l’ « humanisme chrétien » : c’est-à-dire que sans la religion, on continuait d’agir selon les enseignements du Christ, sans toutefois en référer à lui. Ainsi, cette continuité s’appliquait dans le pardon notamment, et dans des phrases comme « aimez-vous les uns les autres », « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre », « tends l’autre joue », puis notamment, le dépassement de la Loi du Talion et ce qui avait précédé cette loi : la vendetta (la vengeance perpétuelle, souvent encore pire que le crime initial)…

On peut constater que le cinéma hollywoodien, pour ne nommer que celui-là, y a été très fort ces dernières décennies dans ce qui semble être une grande tentative de réhabiliter ces concepts qui sont d’avant notre socle civilisationnel.

Ainsi, quand on voit des gens (trop souvent sur Facebook ou des forums Internet) dire des choses comme : il faudrait le pendre à un arbre, il faudrait lui faire manger ses excréments avant de le brûler, et autres genres d’images, c’est autant de symptômes que notre socle civilisationnel se meurt, et que les grands principes qui ont fondé la société (post-)moderne de la fin du 20ème siècle deviennent fragiles.

Il est important de remettre les pendules à l’heure, et de remettre de la courtoisie dans les rapports humains, de remettre du sens dans nos structures institutionnelles. Nous croyons, à À vos cerveaux, que personne n’a réellement le goût de se retrouver dans des réalités proches de Mad Max, The Book of Eli, Elysium, V pour Vendetta, ou autres films relativement post-apocalyptiques où, là réellement, on n’a qu’à ouvrir les yeux pour se rendre compte que le «  thin layer of civilization is gone » (traduction : la mince couche civilisationnelle qui fonde les rapports entre les gens a disparu).

Cet article avait pour but de vous faire comprendre que si notre monde n’est pas utopique depuis les 15 dernières années en s’accélérant dangereusement, sa base n’est pas (encore) corrompue. Son principe fondamental n’est pas mort, et ce principe, nous en sommes tous porteurs, car la civilisation, c’est cette anti-barbarie que nous portons tous. Agissons donc avec courtoisie (la courtoisie est le contraire de : s'insulter gratuitement ou faire preuve d'agressivité ou de grande insensibilité dans ses propos ou ses actes), discernement, intelligence, nuance, et organisons-nous pour que cette civilisation vive. Non à la nouvelle barbarie.

Nous espérons avoir apporté un rayon d’optimisme à votre journée.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des choses.




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