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La révolution ?

Comprendre l'idée de révolution

Posté dans Sujets de société — le 2 février 2015

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La révolution est souvent perçue comme une des options les plus extrêmes de l’exercice du pouvoir du peuple. Elle semble légitime, face à un pouvoir devenu illégitime, pourri, corrompu ou encore, qu’il semble devenu nécessaire de renverser. Ce serait, selon ce qu’un peu tout le monde se dit, un genre de « mal nécessaire » à réaliser quand les dialogues avec le pouvoir en place ne semblent plus possibles. Souvent vue comme le penchant des groupes extrémistes en temps normal (les anarchistes, les « anti », etc.), elle peut devenir l’option générale en temps troublés. Fondamentalement, elle demeure donc une voie possible dont on pourrait refaire l’expérience.

D’ailleurs, la révolution n’appartient pas qu’au passé et aux années 1776-1789, ni 1917 avec la révolution bolchevique en Russie, mais fait également partie de notre époque, avec les révolutions colorées, et très récemment les soulèvements révolutionnaires des pays arabes : les printemps arabes, ou les révolutions de jasmin comme elles s’étaient appelées en 2011. Ainsi, les peuples voient le phénomène révolutionnaire comme venant des peuples eux-mêmes. Qu’on passe par la chanson des Beatles « Wanna start a revolution yeah… we all want to change the world… » ou alors par des figures tutélaires comme le Ché Guevara ou même Lénine, adorés de beaucoup de jeunes (et moins jeunes) férus de justice sociale… Qu’en est-il vraiment ? Se pourrait-il que les révolutions soient l’œuvre de certains groupes actifs au sein des pays ? Cela étant, dans quelle mesure ces troubles politiques auraient-ils pu être instrumentalisés ou récupérés ?

Qu’est-ce qu’une révolution, fondamentalement

Une révolution, ce n’est pas qu’une contestation. Ce n’est pas non plus pacifique, et ce n’est pas gentil. Ça ne se fait pas dans l’allégresse. C’est, en quelque sorte, la mise à mort d’un pouvoir en place. Et un pouvoir en place, à moins qu’il soit déjà complètement vérolé de l’intérieur par la force révolutionnaire elle-même ou une force sympathisante, ne va pas céder sans réelle résistance. Et ça, ça veut dire les armes, le sang, etc.

La révolution, c’est le renversement d’un ordre, pour l’institution du chaos (le désordre). C’est en fait la déconstruction des structures sociales connues : on met le pouvoir en place à terre et on le remplace par un autre pouvoir. Par exemple, en 1789 en France, la révolution française a coupé la tête du Roi et a proclamé le gouvernement « laïc des Lumières des droits de l’homme » et éventuellement démocratique, du peuple, etc. C’était le début de la fin pour la société traditionnelle des Trois Ordres (Roi, Clergé, Tiers-État)… Dans les pays arabes en 2011, c’était la « chute des dictateurs » et la pseudo-arrivée de la démocratie à la place. Pourtant, dans plusieurs de ces pays, un énorme désordre règne encore en 2015.

Donc la grande idée d’une révolution, c’est de faire sauter un pouvoir, de quoi s’ensuit une période de désordre chaotique plus ou moins longue, et la formation éventuelle d’un nouveau pouvoir.

Comment s’initie une révolution

Qui peut partir une action assez coordonnée pour mener à une révolution structurée ? Un peuple peut-il, de façon assez désordonnée, sans formation intellectuelle quelconque, provoquer une révolution, quand il ne sait pas lui-même où il s’en va, la seule chose qu’il aurait en tête étant quelque chose comme : « on veut du changement !!! »… ?

Il semble assez clair que le peuple est un grand groupe de citoyens, et que certains, qui en ont sûrement plus à contester à l’ordre en place, se liguent ensemble et fomentent des complots ou des organisations plus ou moins secrètes pour s’organiser et pactiser pour renverser le pouvoir.

Pourquoi « les jeunes » sont souvent au cœur des phénomènes « révolutionnaires » ?


Figure : Un « jeune » en train de faire le « jeune »... La révolution en marche, ici, en Calvin Klein et cocktail Molotov... Ce « jeune », un vulgaire instrument de la tant attendue révolution mondiale???

La phrase par excellence qui caractérise « la jeunesse », c’est : « Si vieillesse pouvait, si jeunesse savait... ».

Cette phrase veut tout simplement dire ceci : que les jeunes sont venus au monde presqu'hier, et qu'ils ne connaissent pas bien le monde, l'histoire du monde et comment tout fonctionne ensemble. Ils sont souvent idéalistes parce qu'ils ne comprennent pas toutes les nuances de l'expérience de la réalité. Surtout dans leur compréhension de l'économie, la politique, la religion, les stratégies d'influence, les liens existant entre telle ou telle organisation, etc. Bref, les jeunes, dans leur plus grande majorité, sont moins informés, ont moins connu la réalité pour avoir compris comment le jeu politique se joue, et que la corruption existe souvent, que les choses ne sont pas nécessairement celles qu'on dit qu'elles sont...

Toutefois, la jeunesse est la catégorie sociale qui est pleine de fougue et qui veut foncer tout de suite, à pleine force, directement. C'est ainsi que la jeunesse PEUT, mais qu'elle ne SAIT pas. Et c'est en ce sens-là qu'elle est très, très, très... très très, facilement instrumentalisable. C'est-à-dire qu'on peut lui faire croire ce qu'on veut, de façon tordue, pour lui faire faire des choses à notre profit, alors qu'elle ne s'en rendrait pas compte. C'est ça l'instrumentalisation, ou la récupération de mouvements. C'est quelque chose qui est extrêmement dangereux, et ça peut même se retourner contre ceux qui sont eux-mêmes instrumentalisés, sans compter ceux qui n'avaient rien demandé au départ (les civils tranquilles).

Le contexte actuel et l'idée de la « révolution mondiale » (ou la global revolution)


Figure : Un masque de Guy Fawkes (le même que dans le film V pour Vendetta de 2005), symbole repris par les activistes Anonymous...

Figure : Un rassemblement de 99%, les indignés...

Dans le contexte actuel, on a pu observer plusieurs mouvements sociaux pseudo-révolutionnaires brasser les centre-villes des grandes villes du monde depuis 3-4 ans. Les Indignés, les 99%, les Anonymous, le Zeitgeist Movement, bref, tous des mouvements mondiaux. Et cette caractéristique mondiale est très, très importante. En effet, on ne parle pas de mouvements nationaux ou régionaux isolés, dans des revendications de collectivités nationales envers les législations plus ou moins mésadaptées du gouvernement du pays visé. On parle ici d'une émergence d'un genre de conscience de masse informe mondiale qui s'aligne sur des grandes questions mondiales, et qui indirectement, foutrait le système entier à terre, pays par pays, dans une action coordonnée mondialement par les mêmes groupes partout (ceux que je viens de nommer). Tout ça mènerait, logiquement, à un espèce de soulèvement global... Une révolution mondiale. (Global Revolution)...

Tableau : Situations de phénomènes pseudo-révolutionnaires dans le monde depuis 3-4 ans. Observer ici le nom des pays dans le coin gauche de chaque image.

Le seul problème, c'est que...

L'idée de révolution mondiale n'est pas du tout récente. Elle fait partie intégrante de toute l'idéologie du « mondialisme », qui est une pensée qu'on expliquera rapidement dans l'article à paraître « Le Mondialisme ». Le mondialisme, toutefois, est une idée qui existe depuis plusieurs siècles, et qui souhaite voir s'instaurer un gouvernement mondial avec une Constitution, un Parlement, dans un modèle probablement de blocs administratifs économiques continentaux énormes (Union européenne, Union africaine, Union américaine, etc...). Cette idée ferait qu'à terme, les États-nations qu'on connaît (Canada, France, Angleterre, Russie, etc.) seraient voués à perdre tous leurs pouvoirs de souveraineté et d'auto-détermination en tant que collectivités. Au début, ils garderaient leur statut officiel d'État, puis petit à petit, on en viendrait à changer le nom de l'entité qui ne serait plus qu'administrative, avec une potentielle disparition simplement, avec tout ce que cela comporte au niveau de la culture, de l'identité de chaque peuple, et de la vivacité des langues à travers le monde.

La Révolution n'est pas une option valide

Cette assertion se vérifie selon les points suivants :

1- La révolution comporte un trop grand risque de se faire instrumentaliser, surtout compte tenu du niveau intellectuel actuel des peuples, qui frôle (en moyenne) le zéro absolu... Aucune culture des stratégies politiques et militaires, aucune culture historique profonde, aucune culture philosophique... Que du Coca-Cola, du Miley Cyrus, ou du Marx du Keynes ou du Hayek beurré bien superficiellement. (Oui, même ceux qui se croient relativement politisés n'ont que frôlé, trop souvent, la pointe de l'iceberg...) Dans ce contexte, l'idée de se faire instrumentaliser est d'autant plus évidente. Non seulement cela, mais comme on a rappelé ci-haut que le mondialisme souhaite ardemment arriver à un gouvernement mondial, cette révolution mondiale est une étape du projet, avant le basculement dans tous les pays, vers un régime total mondial.

2- Les gens, du moins en Occident, ne veulent pas réellement changer tout le système. Ils veulent juste revenir à une redistribution raisonnable (comme avant), à des politiques en phase avec les problématiques collectives, puis avec des visions politiques qui se concrétisent et qui sont réellement mises en oeuvre une fois les partis élus.

3- Dans l'histoire, les révolutions ont pu amener bien pire que le régime qui était là avant. Nous ne ferons pas l'exercice ici en ce moment, mais les révolutions américaine, française et russe ont été faites, nous dit-on, par les peuples et pour les peuples, et ce fut la naissance de la démocratie moderne. La question la plus importante aujourd'hui serait: Cela a-t-il vraiment amené la démocratie? Cela s'est-il réellement fait par le peuple, et le peuple, à ce moment-là, a-t-il vraiment pris le pouvoir? Et selon le cas, serions-nous dans cette situation décrite comme une crise mondiale en 2015?

4- Si, à la suite d'une révolution qui devient mondiale, et qui fait basculer le monde, ce sera la fin du système qui permet l'auto-détermination de chaque peuple par sa souveraineté nationale, qui est un droit inaliénable (qu'on ne peut pas enlever à un peuple), dans le droit international actuel. Cette notion pourrait disparaître, et la notion de collectivité nationale et de projet national aussi. Une notion de peuple-monde ferait qu'on devrait s'adapter mondialement à tous, selon les impératifs de la production économique. Pour celles et ceux qui ont vu l'ordinaire "Hunger Games"... cela pourrait vaguement avoir des odeurs de Panem... Bref, des gros districts avec un pouvoir centralisé.

Notez bien que... la révolution pourrait être une option valide, mais seulement si:

Le peuple était très très éduqué et habitué à ne pas se faire manipuler en connaissant précisément les façons de ne pas se faire manipuler

Nicolas Machiavel, le penseur de Florence en 1520, il y a donc 500 ans de cela, avait dit que la corruption (le pourrissement social) pouvait toucher non seulement les pouvoirs, mais pouvait également toucher les peuples. Un peuple, en lui-même, disait-il, pouvait être corrompu. Et c'est ce genre de corruption, donc d'extrême ignorance des tenants et aboutissants de ces grands enjeux géopolitiques, qui fait qu'aujourd'hui, les peuples (occidentaux du moins), ne sont pas du tout en état de faire une révolution qui leur soit bénéfique à eux pour eux, et que s'ils en faisaient une, elle aurait toutes les chances de se faire récupérer et eux de se faire instrumentaliser. C'est ce pourquoi la révolution n'est pas une option en l'état actuel des choses, on le redit.

Mais alors... comment changer le monde?

C'est une question valide, et une question dont ceux qui ont la réponse sont rares.

Pourtant... voici la réponse.

La solution au problème de la fausse alternance gauche-droite en politique qui nous amène des partis néolibéraux qui pratiquent plus ou moins la même politique bon an mal an à coups de 4 ou 5 ans de mandats... Cette solution... est la suivante: former un parti politique uniquement composé d'éléments issus du peuple, donc fondamentalement sans oligarques. Pour ce faire, ce parti doit être raisonnablement surveillé de l'intérieur afin d'éviter toute intrusion oligarchique qui mettrait son intégrité en danger (les infiltrations, les taupes). Ensuite, le programme devrait être clair, concis, un plan en quelques points pour une sortie de crise efficace, rapide et consolidante. Ce programme devrait être effectué à la connaissance du peuple.

N'oubliez jamais que... quand vous contrôlez le parti politique au pouvoir, vous contrôlez la police, l'armée, et les médias du service public jusqu'à un certain point. Le parti au pouvoir est celui qui modifie les lois, et celui qui a la puissance de changer le monde.

Pour changer le monde, il faut solidifier un parti politique incorruptible, puis faire en sorte que tous les gens soient mis au courant de son existence, et de sa seule légitimité, les autres étant tous à rejeter. Cela demande un travail de militantisme et d'information, voire de réinformation, envers tous les citoyens.

Et cela semble être la seule solution. C'est possible, en autant que le leader soit réellement du peuple, complètement sûr et éloigné de toute oligarchie (il doit être assez pauvre financièrement, mais riche intellectuellement). Les grands du parti doivent également être imperméables à ce niveau. C'est le grand manquement qu'on a pu constater dans tant de cas. Ça et l'absence chronique de base militante réelle et efficace pour diffuser le message. Et aussi, souvent, une absence d'idées concrètes... Seulement un désir diffus de changement, mais pas une identification globale des effets et des causes.

Notes de fin d'article

Enfin, au Québec: en l'état actuel des choses, avec les idées de Printemps 2015 et d'une reprise des perturbations, manifestations et grèves générales, non seulement dans le cas des étudiantEs, mais aussi de certains secteurs comme les enseignants, la santé, et autres secteurs touchés par l'Austérité... il pourrait se développer un climat de tension extrême. Ce serait donc la reprise de ce bras de fer avec l'État, et certains le souhaitent fort probablement, la révolution. Or, comme on l'a dit dans ce texte, une révolution efficace venant du peuple tel qu'il est actuellement est à peu près impossible. Cette révolution se ferait récupérer. D'autre part, un climat de guerre civile ne règlerait absolument pas l'austérité. Comprenez bien que A vos cerveaux n'est pas un site qui prône l'austérité, loin de là! Pourtant, la solution ne se trouve pas dans la GGI, ni dans des manifestations sans fin et des confrontations avec la police. La solution, c'est de ne pas élire des partis politiques comme le Parti libéral, ou le Parti québécois, tel qu'on le dit ci-haut. Non seulement cela, mais aussi de le dire à tout le monde autour de vous. Faites de la pédagogie politique autour de vous, entre les élections. Une élection ne se joue pas en 30 jours de campagne à la fin d'un mandat, mais on a quatre ans à faire de la contamination politique active pour un renouveau au Québec.

Enfin, en France: en l'état actuel des choses, avec les idées du Choc de civilisation et, de plus en plus, l'hystérie montante dans les grands médias, la guerre civile semble presque promue par ceux-ci. Le gouvernement fait autant monter l'austérité en France qu'au Québec. Il faut bien comprendre que c'est un mouvement mondial (FMI, etc.) et que donc, la pression (chaos contrôlé) monte partout en même temps. Ceci étant dit, l'idée de révolution serait mauvaise en France, parce que le peuple n'a pas les outils, comme on le dit ci-haut, pour ne pas se faire récupérer. Cette révolution retomberait dans des mains qui ne sont pas le peuple. Il vous faut sortir du système UMP-PS, sans oublier toutefois que le loup peut se cacher dans un autre parti. Il faut alors tenter de s'assurer que le parti qui doit être élu à la prochaine élection vient véritablement du peuple. En France, les mandats sont de 5 ans, il y a 5 ans pour faire de la contamination politique, et instruire les gens autour de vous. Pour vaincre l'austérité, il faut se donner un parti politique qui la déprogrammera.

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